De St Martin au Courant d'Huchet_031010

Bateleirs Courant d'Huchet
Une fois n'est pas coutume...., c'est sur du plat et dans les Landes, loin des Cols Pyrénéens que nous avons clôturé, en beauté, la saison des sorties montagnes...Une fois n'est pas coutume...c'est un pique-nique et non un repas "pantagruélique" que nous vous proposions, en famille et au bord du Lac de Léon...Alors, romantisme oblige...nous sommes partis, en compagnie des bateliers, en "barque", sur le Courant d'Huchet...à la découverte d'une nature préservée...Que du bonheur!!!

A 8H00 précises, tous les cyclos inscrits étaient présents devant l'Espace Gaston Larrieu....Tous, sauf les Biaudossais (et cette fois Guyetsamachine avaient bien compris...Sourire) que nous rejoignons à St Laurent de Gosse...Un joli groupe de 15 participants heureux de se retrouver pour cette sortie exceptionnelle. La bonne humeur étant au rendez-vous avec les commentaires de chacun, le groupe se lançait dans la douceur matinale pour un périple de 85 km. Certains d'entre nous, reprenaient depuis peu la bicyclette (accident ou blessure...la saison ne nous a pas épargnée) avec une anxiété toute dissimulée...nous ne pouvons que les remercier et les encourager à poursuivre leurs efforts, car il nous reste encore quelques bons moments à passer, avant de basculer vers 2011....Déjà!!! Nous roulons à un rythme contrôlé, jusqu'à notre premier arrêt forcé: un petit problème mécanique sur le vélo de Michel Incertain...Nos machines sont pointues, nos réglages micro-métrés et voilà, le grain de sable, qui vient perturber le fonctionnement impeccable d'une douce indexation! Le "saut de chaîne": une maladie parfois dure à soigner, surtout quand la dite "chaîne" se coince entre le cadre et le pédalier. Heureusement, la solidarité a joué et ce n'est pas ce petit "accroc", qui va nous décourager. Les doigts, dans le cambouis, après quelques minutes d'efforts, le maillon rebelle, rentre dans le droit chemin. Nous voilà à Port de Lanne, précédés par Marie, notre suiveuse de charme Bisou, alors que Guyetsamachine annonce le prochain "temps mort" pour le café et les gâteaux, à Saubusse...St Etienne d'Orthe traversé, "le train jaune", comme au bon vieux temps, enchaîne les relais Cool...

Le sprint, au magnifique Pont St Jean, ouvrage de 7 arches qui depuis la fin du XIXème siècle unit les rives gauche et droite de l'Adour, les Oristois aux Sibusates, le pays d'Orthe au Marensin, offert par Madame Eugénie DESJOBERT, une riche veuve comme on les aime...le sprint même pas annoncé, disais-je, est lancé pour se terminer devant l'Eglise St Jean Baptiste , du XIIIème siècle, magnifiquement dressée au centre de la bourgade, reconnue pour ses eaux chaudes aux vertus médicinales. Pour l'heure, c'est d'une autre eau chaude dont nous avons besoin! Marie s'affère et nous sert le breuvage tant attendu, lui aussi aux "vertus médicinales": le café!!!! Nous trempons les biscuits Innocent, à chacun le sien, avant de nous élancer à nouveau sur la route. Merci Marie, ce café est salvateur pour certains!. Direction St Geours-de-Maremne, premier gros carrefour de la sortie et premières angoisses pour Guyetsamachine, qui se doit d'être à la hauteur, pour canaliser les "furieux" dans leurs élans. "A gauche", "à droite", "tout droit" s'enchaînent idéalement et sans hésitation (merci Openrunner.com...) pour nous mener sur une petite route, sous les pins et en direction de SOUSTON....Le groupe discute, profitant du répit occasionné par ce chemin bucolique. entre St Geours et SoustonMais dans cette tranquillité apparente, montent dans les jambes les fourmis, de plus en plus nombreuses. "Attention, les gars, on tourne à droite avant SOUSTON, route de Montjean" s'esclaffe, encore Guyetsamachine. C'est parti, Nono, en tête, fait parler la poudre, avec le rythme des grands jours: "ça va rrrrouler!" Criant nous avait-il prévenu. Oui mais jusqu'où, s'inquiète Guyetsamachine, dont la chaîne interminable "s'enflamme". Oups, route de Montjean, c'était à droite, trop tard, il va falloir un plan "B"!!!! Nono, frappé de "Raymondite" aigüe n'a que faire du doute des suiveurs. Il enchaîne les virages, dans SOUSTON,  jusqu'à l'impasse du Stade!! Cette fois, la crise est passée, tout désorienté Pied de nez, il revient sur terre mais perdu au milieu de nulle part, avec les autres! Demi-tour, car AZUR, n'est pas par là, renseignements pris auprès de passants, tout surpris de se voir abordés par un "vélo monté à l'envers". Bien vite, nous reprenons nos esprits, car nous sommes tous à la recherche du "graal": le bleu AZUR.

Azur Nous y sommes déjà, car rien ne traîne vraiment, avec les cyclos. Moliets et Mâa se présente à nous, pour nous prévenir de l'arrivée prochaine à Léon, fin de notre périple en vélo. Au 3ème rond point, Nono, le trouble fête, vocifère à nouveau: "j'ai pintché" En pleurs. Nous croyons alors, à une nouvelle crise de "Raymondite", car nous savons tous, qu'il n'aime pas les ronds points landais. Mais rien de cela, c'est bien sa roue avant, qui s'est aplatie, par manque d'air. Nous nous rangeons sur le côté, dans l'attente de la réparation, que déjà (enfin, 10 bonnes minutes plus tard! ) il fulmine à nouveau: "ça va rrrrrouler". Nous revoilà partis, jusqu'àLéon, où nous attendent les accompagnateurs. Les nappes rouges (comme pour rappeler, les couleurs des biarrots vainqueurs des bayonnais la veille...Clin d'œil) sont déjà sur les tables, quand nous arrivons, à bon port et tous entiers. Les embrassades et les poignées de mains s'enchaînent. La toilette, obligatoire, précède "l'apéro". Nous fêtons la naissance d'OIANA, avec un "kir royal" offert par ses grands-parents Annick et Jacques, toujours jeunes. Nous trinquons et retrinquons sans la crainte du retour, car nous savons que cuver sur la barque, est salvateur. A table, en bonne compagnie, le repas est partagé. Heureusement car la "pitance" était maigre, dans la voiture des Marque. Les desserts s'enchaînent, avant de faire descendre les dernières bouchées, par du "cassis maison" offert par Annick (quel chanceux, ce Jacques...) que déjà les bateliers se présentent pour l'embarquement. 

Bijou, harangue le Président et ses acolytes: à nous de monter, dans la barque revêtue de peintures affriolantes. Les cousins confortables, nous accueillent, pour deux heures de bateau, à la découverte du Courant d'Huchet. Notre rameur, ne tarde pas à faire remarquer ses muscles "bandés", aux yeux experts de Marilou et Marie, à peine étonnées, par tant de débordement, car il faut dire qu'elles sont bien servies avec leur "bêtes" de maris. L'aviron, fortement empoigné n'a qu'à bien se tenir et derrière ses lunettes teintées, Bijou ne semble pas forcer outre mesure. Son humour n'a d'égal que son aptitude à nous guider, le regard dans le sens inverse de la marche. Nous découvrons les canards "weldoms" que les chasseurs amateurs, ont vus bouger. Il faut dire que les vrais, se mélangent aux faux, et pour ne pas se tromper à nouveau, nous signalons plutôt ceux qui volent. Marie déploie alors son objectif, sous le regard médusé de Bijou, notre batelier d'un jour Bijou, pour prendre à la volée les Hérons décollant à notre passage. Nous arrivons à l'embouchure du Courant d'Huchet qui nous laisse découvrir, petit à petit, sa luxuriante végétation. A l'avant, Maraine se fait corriger par notre pilote, tandis que notre Président, hoche ostensiblement, un coup à droite, puis à gauche, sa tête alors que Bijou ordonne: "bougez pas, Président, ça passe!!". Il faut dire que les troncs d'arbre poussent à l'horizontale. Gentiment excédé par ce manque de confiance, notre batelier assène un léger coup de pagaie sur sa tonsure, comme pour lui montrer qu'il maîtrise tout. Les rires, à peine étouffés, font fuir le gibier avoisinant. Nous sommes biens et nous en profitons pleinement. Bientôt, est engagé un demi-tour, à peine camouflé par le méandre du Courant, quand Bijou tombe le tee-shirt et sort son long bâton. Mais non, celui qui propulse le frêle esquif à contre courant, car l'autre aurait été, de toute façon, trop court et pas assez rigide! De mains de maître batelier, après quelques "jeux" nautiques, il nous dépose sur la berge pour mieux franchir la passe, signalant la différence de niveau entre le Lac et l'Océan tout proche. Il était temps, car Nono, commençait à avoir des crampes, accroché aux ridelles, sûrement quelques réminiscences d'une balade plus pointue, en kayak, si vous voyez ce que je veux dire. A peine déposés, que nous revoilà, de l'autre côté, prêts pour embarquer à nouveau. Après un nettoyage en règle, évacuant les quelques feuilles tombée à l'aller, Bijou, toujours très coquet, nous invite à nous rasseoir. C'est reparti! L'embarcation tangue à peine sous les coups de rames. Les derniers envols de hérons, ceux-là même vus à l'aller, nous signalent la fin du Courant. Nous entrons sur le Lac de Léon: 400 hectares par trois fois annoncés, Bijou se laisse aller à son plaisir: celui d'épater, nos épouses, en transe mais que nous saurons vite calmer. Un lac plus loin, nous attendons les embarcations suiveuses, en n'oubliant pas de remercier celui qui nous a promené si agréablement. A croire, que Bijou fait déjà partie de la famille!!!

A l'heure du retour, sous les quelques gouttes qui tombent, nous nous promettons de nous revoir la semaine suivante "Aux Crêtes d'Arradoy", cette fois avec notre Bijou à nous, Dédé...

Nous remercions notre accompagnatrice attentionnée...Marie, qui nous a fait le café et réalisé les photos...Nous adressons nos pensées aux malheureux absents Alain, Jean-Jacques, Véro et Didier entres autres...

Itinéraire de St Martin au Courant d'Huchet

Le parcours détaillé: cliquez ICI

Pour donner l'eau à la bouche...de ceux qui ne connaissent pas....

Le Lac de Léon et le Courant d'Huchet constituent une nature d'exception remarquée dès le début du siècle dernier. En effet, en 1905, sous l'égide du "Comité d'Initiative du Boulevard d'Arcachon-Biarritz", le poète et journaliste de renom Maurice Martin met sur pied deux "caravanes d'exploration" dans le but de promouvoir le littoral aquitain qu'il baptise "La côte d'Argent". Du 20 au 23 mars 1905, la première caravane compte d'éminents journalistes de la presse locale, régionale et nationale représentant les titres suivants: L'Echo de Paris, Le Gaulois, Le Figaro, Le Petit Parisien, L'Illustration, Le Monde Illustré, La Vie au Grand Air, France du Sud-Ouest, Auto, Nouvelliste de Bordeaux, La Petite Gironde, Le Journal de l'Automobile, Les Sports de BordeauxDu 26 au 31 octobre de la même année, une deuxième caravane, sous le patronnage du Touring Club de France, se compose de nouveaux journalistes. Ces derniers, charmés par le site, écrivent encore de nombreux articles élogieux sur le village de Léon, son lac et son restaurant. Fin novembre 1905, pour la première fois, Maurice Martin et ses amis MM. Vignaux et Brocherioux ont descendu le Courant d'Huchet "une des merveilles de la France pittoresque" pilotés par "deux pêcheurs de Léon". Dans son livre "La Côte d'Argent", Maurice Martin consacrera 13 pages à décrire merveilleusement cette première descente. La renommée du Lac et de son Courant d'Huchet était formidablement lancée. Les pêcheurs du lac de plus en plus sollicités ont alors constitué leur premier groupement de bateliers en 1908. Les pêcheurs du lac de plus en plus sollicités ont alors constitué leur premier groupement de bateliers en 1908. En 1911, De Rosny invite le très illustre d'Annunzio à descendre le Courant et fera part de son admiration dans la revue l'Illustration. D'Annunzio vantera à son tour ses diverses descentes du Courant d'Huchet dans les nombreux titres auxquels il collabore. Le Courant séduit alors de nouveaux poètes et journalistes qui vont asseoir la notoriété du Courant, de son Lac et... du restaurant Deslux: la plupart font partie du cercle littéraire des "Amis du Lac" (d'Hossegor). Depuis 1905, cet endroit merveilleux classé par un arrêté du 5 mai 1934 a toujours fait l'objet d'une attention soutenue de la presse. Le Courant séduit alors de nouveaux poètes et journalistes qui vont asseoir la notoriété du Courant, de son Lac et... du restaurant Deslux: la plupart font partie du cercle littéraire des "Amis du Lac" (d'Hossegor). Depuis 1905, cet endroit merveilleux classé par un arrêté du 5 mai 1934 a toujours fait l'objet d'une attention soutenue de la presse. 2008: depuis cent ans, les bateliers, acteurs locaux passionnés, contribuent à consolider la renommée de cette nature exceptionnelle. Ils essayent de conserver, au maximum de leur capacité, l'authenticité de la première découverte relatée en 1905.

 

 




 
 

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